Un moment d’histoire

Le Centre Intégré de Médecine Chinoise des Hôpitaux Universitaires Universitaire Pitié Salpêtrière – Charles Foix est une unité clinique dont la mission est de contribuer à la prévention et au traitement des maladies chroniques ou difficiles, par l’évaluation des techniques de médecine chinoise et leur transposition en thérapeutique.

Centre Intégré de Médecine Chinoise

Un moment d’histoire

La PITIÉ SALPÊTRIÈRE

Les origines remontent au XVIe siècle

avec la création en 1544 d’un grand « Bureau des Pauvres »

destiné à combattre la mendicité, véritable fléau de la capitale.

 

Malgré de louables efforts, le bureau échoue dans sa mission et les rues de Paris sont de plus en plus envahies par les mendiants et déshérités de toutes sortes.

Marie de Médicis décide alors en 161 la création d’un hospice Notre Dame de la Pitié à l’emplacement d’un jeu de paume désaffecté de l’époque d’Henri IV (emplacement actuel de la mosquée de Paris). Prévu pour contenir plusieurs milliers de mendiants parisiens, l’Hôpital de la Pitié ne sert que de lieu de distribution de nourriture et d’hébergement pour les enfants, les vieillards et les femmes « de mauvaise vie » arrêtées par la police. Les mendiants résistent toujours à cet « enfermement » et c’est encore l’échec. La Fronde aggrave le phénomène.

              

Louis XIV décide alors, par l’édit royal de 1656  , la création de l’Hôpital Général

 

Il est destiné à recueillir tous les mendiants, pauvres et marginaux divers qui perturbent l’ordre et la vie de la capitale par leur nombre croissant et leurs comportements asociaux. Cet hôpital général est constitué de 5 établissements existants, dont LA PITIE et BICETRE, et d’un nouveau qui sera « LA SALPETRIERE », édifié sur l’ancien arsenal de fabrique de poudre. Sa construction en sera confiée à de prestigieux architectes royaux :

LE VAU, DUVAL, LE MUET, LIBERAL BRUANT.

· La Salpêtrière recevra les femmes et les ménages,

· La Pitié accueillera les enfants,

· Bicêtre sera réservé aux hommes.

Mission principale aux XVIIè et XVIIIè siècles

Protéger la société de ses asociaux et être charitable envers eux

 

Pendant deux siècles, la Salpêtrière recevra toutes personnes posant un problème social. Prévue pour accueillir 4000 personnes, elle en compte près de 8000 à la veille de la Révolution. Elle est jusqu’à la Révolution tout à la fois crèche, asile, hospice, prison, maison de redressement, un peu

infirmerie, mais pas du tout hôpital au sens moderne du terme. Elle châtie, elle redresse et elle s’occupe plus de sauver les âmes que de soigner les corps qui sont très malmenés et très mal nourris.

A la fin du XVIIIe siècle apparaît une timide humanisation. On commence à soigner les corps

et on construit en 1783 une infirmerie générale, détruite en 1965 pour édifier une clinique de rééducation  neurologique.

On commence aussi à soigner les folles, jusque là réputées incurables et enchaînées dans des cellules immondes. PINEL, en 1795, les libère de leurs chaînes et VIEL, l’architecte, leur crée un habitat plus décent sous forme de loges améliorées. Et pour tous, la nourriture et le logement s’améliorent un peu

Le quartier des agitées

Nouvelles missions au XIXè siècle

La Révolution abolira l’Hôpital Général de Louis XIVet créera les Hospices Civils

La Révolution de 1848 abolira les Hospices et créera l’Assistance Publique (1849) qui existe toujours et compte actuellement 51 établissements hospitaliers dans la région parisienne.

La Salpêtrière suit toutes ces révolutions générales, tout en gardant ses spécificités.Elle n’est plus ni crèche, ni prison, ni maison de redressement, ni refuge. Elle se consacre exclusivement aux vieilles femmes et aux folles. C’est dorénavant un hospice et un asile d’aliénées.

Les pionniers de la Psychiatrie moderne commencent une amorce de classement des maladies mentales : les plus célèbres d’entre eux sont Philippe PINEL, Jean ESQUIROL.

L’habitat s’améliore et traduit le souci nouveau d’une meilleure hygiène.

Environnement, air et espace sont aménagés. Des chalets individuels sont créés pour les aliénés. Ils seront tous détruits au XXè siècle. Les « Loges de Viel », qui étaient déjà un progrès sur les cellules, sont améliorées. Démolies en 1960, il en reste quelques spécimens restaurés. Mais, malgré tous ces progrès, la discipline et la vie asilaire restent très pénibles et soumises aux préjugés sociaux et à l’arbitraire.

C’est la grande période du célèbre neurologue CHARCOT. Pour lui, on crée la première chaire mondiale de neurologie et des maladies du système nerveux (pionnière en ce domaine, la Salpêtrière l’est encore à l’aube du XXIè siècle).

Mais elle s’ouvre à d’autres spécialités de la médecine, et en particulier à la chirurgie, grâce à Paul SEGOND qui crée le premier grand service de chirurgie de la Salpêtrière à la fin du XIXè siècle

 

Le XXè siècle verra l’abandon de l’asile d’aliénées en 1921et celui de l’Hospice en 1968


La Salpêtrière devient un hôpital à part entière, tourné vers toutes les disciplines. Elle va retrouver la Pitié, à qui elle était liée à ses origines au XVIIè siècle.

En effet, au début du XXè siècle, la Pitié de Marie de Médicis est démolie et reconstruite là où elle se trouve actuellement. Des noms célèbres l’illustrent très vite : Joseph BABINSKI, Clovis VINCENT, Henri MONDOR …

Cette nouvelle Pitié fusionne en 1964 avec la Salpêtrière. Les deux hôpitaux ne font plus qu’un et deviennent le Groupe Hospitalier PITIE-SALPETRIERE avec, en 1966, la création d’une Faculté de Médecine.

Une grande période d’investissements immobiliers commence, accompagnée d’une politique de rénovation :

Le Centre de Cardiologie perpétue cette oeuvre d’innovation, tandis que se poursuit l’entretien du patrimoine architectural exceptionnel du Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière.

La Chapelle

Saint-Louis de la Salpêtrière


La Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière fut édifiée à la demande de Louis XIV, selon les plans des architectes LE VAU et Libéral BRUANT.

Financée par un don du Roi et par les aumônes recueillies à l’occasion d’un sermon prononcé par Bossuet dans la Chapelle Saint-Denis, devenue trop exiguë et qu’elle remplacera, la chapelle Saint-Louis est construite entre 1670 et 1679 pour le gros oeuvre.

Elle était considérée par ses réalisateurs comme trop importante pour pouvoir être achevée. Elle ne le sera complètement qu’à la fin du XVIIè  siècle.

La Salpêtrière étant, à cette époque, à la fois hospice, orphelinat et même prison, elle comptait plus de 3000 pensionnaires pour qui l’assiduité au culte était une obligation. Pendant un siècle, la Chapelle connaît une grande activité.

Le plan très original, quatre nefs reliées par quatre chapelles avec un choeur majestueux, répondait au besoin très particulier d’une assistance nombreuse et diverse, qu’il fallait éviter de mélanger.

A la Révolution, la Chapelle est désaffectée et transformée en écurie. Restituée au culte après le Concordat, en 1802, elle ne retrouvera jamais son rôle d’antan.

Après une longue période d’abandon et de silence, la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, lieu historique et monument national, a retrouvé une activité culturelle et religieuse importante.